Certaines personnes semblent avoir constamment besoin de bouger. D’autres touchent les surfaces autour d’elles, manipulent longuement un objet, observent un effet lumineux ou répètent plusieurs fois la même expérience.
Dans le quotidien d’un établissement, ces comportements peuvent être perçus comme de l’agitation, un manque d’attention ou une simple habitude. Pourtant, une sensation recherchée peut remplir plusieurs fonctions. Elle peut aider la personne à explorer son environnement, à retrouver un repère corporel, à rester disponible ou à traverser un moment difficile.
Comprendre la recherche sensorielle ne consiste donc pas à attribuer immédiatement une signification à chaque geste. Il s’agit plutôt d’observer ce qui se passe, dans quel contexte le comportement apparaît et ce qu’il semble modifier pour la personne.
Cette lecture plus précise permet ensuite de décider s’il faut laisser l’expérience se poursuivre, adapter l’environnement, proposer une autre possibilité ou rechercher une cause différente.
Qu’est-ce qu’un comportement de recherche sensorielle ?
Un comportement de recherche sensorielle correspond à une action par laquelle une personne produit, prolonge ou répète une sensation.
Elle peut, par exemple :
- se balancer ou marcher fréquemment ;
- tourner sur elle-même ;
- appuyer fortement ses mains sur une surface ;
- rechercher certaines textures ;
- rapprocher un objet de ses yeux ;
- observer un mouvement répétitif ;
- produire des sons ou écouter plusieurs fois le même passage ;
- mâchouiller un objet adapté ;
- rechercher des vibrations ;
- se serrer contre un support ou contre une personne familière.
Ces comportements ne sont pas nécessairement volontaires au sens où la personne aurait analysé son besoin avant d’agir. Ils peuvent apparaître spontanément, parce qu’une expérience produit un effet intéressant, prévisible ou confortable.
Par ailleurs, la recherche ne porte pas toujours sur une sensation particulièrement forte. Une personne peut surtout rechercher une sensation précise, parce qu’elle est familière, contrôlable ou plus facile à comprendre que les autres informations présentes dans l’environnement.
Pourquoi certaines personnes recherchent-elles davantage de sensations ?
Chaque personne reçoit et organise les informations sensorielles d’une manière qui lui est propre. Une sensation facilement perceptible pour l’une peut rester peu marquée pour une autre. De même, une expérience agréable à un moment peut devenir moins adaptée lorsque la personne est fatiguée, inquiète ou déjà très sollicitée.
La recherche sensorielle peut ainsi répondre à plusieurs fonctions.
La personne cherche-t-elle à mieux sentir son corps ?
Certaines expériences rendent la position du corps, les appuis et les mouvements plus perceptibles. Pousser, tirer, porter, presser ou s’appuyer peut fournir des informations corporelles particulièrement nettes.
La personne ne recherche donc pas forcément une activité supplémentaire. Elle peut chercher à retrouver un repère corporel plus lisible.
La sensation aide-t-elle à rester disponible ?
Bouger, manipuler un objet ou produire un rythme peut parfois accompagner l’attention. Le mouvement ne signifie alors pas nécessairement que la personne se désintéresse de ce qui se passe.
Elle peut écouter tout en marchant, regarder tout en manipulant un support ou mieux attendre lorsqu’une sensation répétitive reste accessible.
Le comportement permet-il de traverser une transition ?
Les temps d’attente, les changements de lieu ou les interruptions d’activité peuvent augmenter l’incertitude. Une sensation connue et répétitive peut alors constituer un repère stable.
Dans ce cas, la fonction du comportement ne dépend pas uniquement du canal sensoriel. Elle dépend aussi de la prévisibilité qu’il apporte.
L’article sur les routines sensorielles au quotidien approfondit justement le rôle des repères stables pendant les transitions.
La personne cherche-t-elle simplement à explorer ?
Une texture, une lumière, un son ou un mouvement peut susciter de la curiosité et du plaisir. La répétition ne signifie pas automatiquement que la personne tente de se réguler ou de compenser une difficulté.
Elle peut vouloir comprendre comment un objet réagit, reproduire un effet ou prolonger une expérience intéressante.
C’est pourquoi la recherche sensorielle doit toujours être replacée dans l’activité globale de la personne.
Quels sens peuvent être concernés par la recherche sensorielle ?
La recherche sensorielle ne concerne pas uniquement le toucher, l’ouïe, la vue, le goût et l’odorat. D’autres informations jouent un rôle essentiel dans la perception du corps et du mouvement.

Comment reconnaître une recherche de mouvement vestibulaire ?
Le système vestibulaire participe à la perception des mouvements de la tête, de l’équilibre et des changements de position.
Une personne peut rechercher ce type de sensation lorsqu’elle :
- se balance ;
- tourne sur elle-même ;
- apprécie les déplacements répétés ;
- change souvent de position ;
- recherche les mouvements d’avant en arrière ;
- semble attirée par les balançoires ou les supports mobiles.
Toutefois, tous les mouvements ne produisent pas le même effet. Leur direction, leur vitesse, leur durée et leur caractère prévisible influencent fortement l’expérience.
Une personne qui apprécie un balancement lent peut ne pas tolérer une rotation. De même, un mouvement qu’elle contrôle elle-même peut être mieux vécu qu’un déplacement produit par quelqu’un d’autre.
Il faut donc éviter d’augmenter automatiquement la vitesse ou la durée au motif que la personne recherche le mouvement.
Comment reconnaître une recherche proprioceptive ?
La proprioception renseigne sur la position du corps, les articulations, les muscles et les efforts réalisés.
La recherche proprioceptive peut apparaître lorsque la personne aime :
- pousser ou tirer ;
- porter des objets ;
- s’appuyer fortement ;
- presser ses mains l’une contre l’autre ;
- se glisser dans un espace contenant ;
- manipuler des supports résistants ;
- recevoir certaines pressions, lorsqu’elles sont choisies et bien tolérées.
Ces actions produisent des informations corporelles nettes. Elles peuvent être recherchées pendant une activité, lors d’un déplacement ou dans un moment d’attente.
Cependant, une pression ne doit jamais être appliquée sans vérifier l’accord et les réactions de la personne. Une sensation recherchée lorsqu’elle est produite librement peut devenir inconfortable lorsqu’elle est imposée.
L’article sur le toucher relationnel et le massage bien-être rappelle l’importance du consentement, de la progressivité et de l’observation corporelle.
Comment reconnaître une recherche tactile ?
La recherche tactile peut concerner les mains, les pieds, le visage ou d’autres parties du corps.
La personne peut :
- toucher les murs, les vêtements ou les meubles ;
- frotter une matière entre ses doigts ;
- manipuler longuement un objet ;
- apprécier le sable, l’eau ou les matières modelables ;
- rechercher une température ou une texture particulière ;
- toucher fréquemment les personnes présentes.
Le professionnel doit distinguer le besoin sensoriel possible du respect de l’espace des autres. Comprendre la fonction d’un contact ne signifie pas que tous les gestes peuvent être laissés sans cadre.
Lorsque le comportement gêne une autre personne ou expose à un risque, il est possible de proposer un support tactile accessible qui produise une sensation proche, sans humilier ni punir.

Comment reconnaître une recherche visuelle ?
La recherche visuelle peut se manifester par un intérêt marqué pour :
- les objets qui tournent ;
- les reflets ;
- les contrastes ;
- les projections ;
- les variations de couleur ;
- les bulles ;
- les mouvements lents ou répétitifs ;
- les objets regardés de très près.
Une personne peut observer longtemps un même effet sans souhaiter que celui-ci change. Introduire davantage de couleurs, accélérer une projection ou multiplier les supports pourrait alors rendre l’expérience moins lisible.
Dans un espace multisensoriel, la possibilité de régler séparément les équipements facilite une exploration progressive et individualisée.
Comment reconnaître une recherche auditive ?
Certaines personnes produisent des sons, frappent deux objets, fredonnent, répètent un mot ou écoutent plusieurs fois une séquence sonore.
L’intérêt peut porter sur :
- le rythme ;
- la vibration ;
- la répétition ;
- la résonance du lieu ;
- la prévisibilité du son ;
- la possibilité de déclencher et d’arrêter l’effet.
Toutefois, un comportement sonore peut aussi servir à couvrir un bruit imprévisible ou à rendre l’environnement plus contrôlable. Produire soi-même un son régulier peut être plus facile à anticiper que subir plusieurs conversations simultanées.
Il est donc utile de prendre en compte l’ensemble de l’environnement sonore, et non uniquement le son produit par la personne.
Comment reconnaître une recherche orale, gustative ou olfactive ?
Porter un objet à la bouche, mâchouiller, rechercher certains goûts ou sentir fréquemment des supports peut avoir une dimension sensorielle.
Cependant, ces comportements demandent une vigilance particulière. Ils peuvent aussi être associés à une douleur, à une gêne buccale, à la faim, à une difficulté de compréhension ou à une autre cause.
L’observation sensorielle ne suffit donc pas lorsqu’un comportement apparaît soudainement, devient très fréquent ou expose à un danger. Les objets proposés doivent être adaptés à la personne, au contexte et aux règles de sécurité de la structure.
La recherche sensorielle signifie-t-elle que la personne est hyposensible ?
Pas nécessairement.
Une personne qui recherche une sensation peut avoir besoin d’une information plus perceptible. Toutefois, le comportement observé ne permet pas, à lui seul, de définir un profil sensoriel.
Une même personne peut rechercher fortement certaines sensations et en éviter d’autres. Elle peut apprécier le mouvement tout en supportant difficilement les sons. Elle peut rechercher une pression stable, mais refuser un contact léger ou inattendu.
De plus, ses réactions peuvent varier selon le moment. La fatigue, l’environnement, la douleur, l’état émotionnel ou l’activité précédente peuvent modifier sa disponibilité.
C’est pourquoi il est préférable de parler de comportements observés dans un contexte précis plutôt que de conclure rapidement que la personne appartient à une catégorie sensorielle définitive.
Comment distinguer une recherche sensorielle d’une agitation ?
Le mouvement visible peut facilement être interprété comme de l’agitation. Pourtant, plusieurs indices permettent de mieux comprendre la situation.
Lorsqu’un comportement semble aider la personne, il peut être :
- relativement organisé ;
- répétitif et prévisible ;
- compatible avec une certaine disponibilité ;
- interrompu volontairement ;
- associé à un retour vers l’activité ;
- suivi d’un apaisement ou d’une meilleure attention.
À l’inverse, une montée en tension peut s’accompagner :
- d’une accélération progressive ;
- d’une perte de contrôle ;
- de réactions émotionnelles plus marquées ;
- d’une réduction des possibilités de choix ;
- d’un inconfort visible ;
- d’une difficulté à retrouver un état habituel.
La distinction ne repose donc pas uniquement sur la quantité de mouvement. Elle dépend de son évolution, de son contexte et de ses effets.
L’article Surstimulation en séance multisensorielle : que faire ? permet d’approfondir les différences entre exploration active et montée en surcharge.
Pourquoi le même comportement peut-il avoir plusieurs fonctions ?
Une personne peut se balancer parce que le mouvement lui plaît. Elle peut aussi se balancer pendant une attente, lorsqu’un lieu est bruyant, lorsqu’elle est fatiguée ou lorsqu’elle tente de rester attentive.
De même, manipuler constamment un objet peut correspondre à :
- une exploration ;
- un repère familier ;
- une aide pendant l’attente ;
- une manière de maintenir l’attention ;
- une habitude ;
- une expression d’inquiétude ;
- une recherche de contact ;
- une façon de se protéger d’autres informations.
Par conséquent, la forme du comportement ne révèle pas automatiquement sa fonction.
La question la plus utile n’est pas seulement de savoir ce que fait la personne. Il faut aussi rechercher quand le comportement apparaît et ce qui change après son apparition.
Que faut-il observer avant, pendant et après le comportement ?
Une méthode simple consiste à observer toute la séquence.
Que se passe-t-il juste avant ?
Le professionnel peut noter :
- le lieu ;
- l’activité en cours ;
- les personnes présentes ;
- le niveau sonore ;
- le moment de la journée ;
- l’existence d’une attente ;
- la consigne donnée ;
- l’état apparent de la personne ;
- le changement qui vient de se produire.
Cette étape aide à repérer les contextes récurrents. Le comportement apparaît-il surtout avant un soin, dans un groupe, pendant une consigne longue ou lorsqu’une activité s’arrête ?
Quelle sensation la personne produit-elle ?
Il faut ensuite décrire le comportement sans l’interpréter.
Au lieu d’écrire que la personne est agitée, il est plus précis d’indiquer qu’elle marche rapidement dans la pièce, presse ses mains sur le mur puis revient vers la table.
Cette description permet de repérer le canal sensoriel concerné, l’intensité, la durée et la possibilité d’interrompre l’action.
Que se passe-t-il ensuite ?
Après le comportement, la personne semble-t-elle :
- plus disponible ;
- plus calme ;
- capable de reprendre l’activité ;
- davantage attentive ;
- toujours en difficulté ;
- en recherche d’une sensation plus forte ;
- exposée à un risque ;
- gênée par l’intervention d’un professionnel ?
L’effet observé aide à formuler une hypothèse. Toutefois, une seule situation ne suffit généralement pas. Les régularités apparaissent grâce à plusieurs observations réalisées dans des contextes comparables.
Une grille d’évaluation multisensorielle peut faciliter cette transmission entre professionnels.
Quand faut-il laisser une recherche sensorielle se poursuivre ?
Il n’est pas nécessaire d’interrompre un comportement simplement parce qu’il est répétitif ou inhabituel.
Il peut être laissé accessible lorsque :
- la personne semble confortable ;
- le comportement ne la met pas en danger ;
- il ne fait pas courir de risque aux autres ;
- il ne provoque pas de détresse ;
- il reste compatible avec le contexte ;
- la personne peut choisir de continuer ou d’arrêter ;
- il semble soutenir sa disponibilité.
Le professionnel peut alors observer sans attirer excessivement l’attention sur le comportement.
Cette posture évite de transformer toute recherche sensorielle en problème à corriger. Elle reconnaît aussi que la personne peut déjà avoir trouvé une stratégie adaptée à certains moments.
Quand faut-il proposer une alternative sensorielle ?
Une alternative peut être utile lorsque le comportement produit l’effet recherché, mais pose une difficulté de sécurité, de confort ou de vie collective.
Par exemple, la personne peut :
- rechercher une pression en poussant d’autres personnes ;
- toucher des surfaces inadaptées ;
- mâchouiller un objet qui n’est pas prévu pour cela ;
- produire un son très intense dans un espace partagé ;
- rechercher un mouvement dans une situation dangereuse ;
- manipuler un équipement sans pouvoir en mesurer le risque.
L’objectif n’est pas simplement d’interdire. Il faut essayer d’identifier les caractéristiques importantes de l’expérience.
La personne recherche-t-elle une résistance, une vibration, un rythme, une pression, un mouvement ou une texture ? Une autre proposition pourra être pertinente si elle conserve une partie de ces caractéristiques.
Cependant, l’alternative ne doit pas être imposée comme un remplacement obligatoire. Elle doit être présentée, observée puis ajustée en fonction de la réaction réelle.
Comment proposer une sensation sans encourager la surstimulation ?
Lorsqu’un comportement semble sensoriel, la réponse la plus intuitive peut être d’ajouter une stimulation plus forte. Pourtant, cette stratégie risque de dépasser le besoin réel.
Il est préférable de :
- partir de ce que la personne recherche déjà ;
- proposer une seule variation ;
- laisser la personne contrôler l’expérience lorsque cela est possible ;
- commencer avec une intensité modérée ;
- observer les signes d’approche et de retrait ;
- prévoir une possibilité d’arrêt immédiat ;
- éviter de cumuler plusieurs canaux ;
- vérifier l’évolution après la proposition.
Par exemple, une personne qui recherche une pression ne souhaite pas nécessairement recevoir simultanément une lumière mobile, une musique et un contact. Une réponse ciblée reste souvent plus facile à comprendre.
De plus, une sensation recherchée peut devenir trop intense lorsque sa durée augmente. L’article Pourquoi une personne refuse une stimulation sensorielle ? montre pourquoi les préférences peuvent varier selon le moment et la manière de présenter l’expérience.
Pourquoi faut-il laisser une place au choix ?
Le choix permet de distinguer une sensation réellement recherchée d’une stimulation simplement tolérée.
La personne peut choisir :
- entre deux supports ;
- la distance ;
- la durée ;
- la position ;
- l’intensité ;
- le moment ;
- la possibilité de recommencer ;
- l’arrêt de l’expérience.
Le choix peut être verbal, gestuel ou corporel. Un déplacement vers le support, une main qui revient, un regard, un sourire ou une action répétée peuvent indiquer un intérêt.
À l’inverse, un retrait, une crispation, une main qui repousse ou une tentative de partir doivent être pris en compte immédiatement.
Plus la personne peut agir sur l’expérience, plus l’équipe peut observer ses préférences avec précision.
Comment intégrer les sensations recherchées dans le quotidien ?
Toutes les réponses ne nécessitent pas une séance spécifique. Certaines sensations peuvent être intégrées à des activités ordinaires.
Selon les possibilités de la personne, il peut s’agir de :
- transporter un objet adapté ;
- pousser un chariot ;
- manipuler une matière pendant une activité ;
- choisir un siège offrant des appuis confortables ;
- effectuer un déplacement avant un temps d’attention ;
- disposer d’un objet familier pendant une attente ;
- contrôler un effet lumineux ;
- participer à une activité de jardinage ;
- utiliser un support sonore dans un cadre défini.
L’objectif n’est pas de créer un programme identique chaque jour. Il consiste à repérer les moments pendant lesquels une sensation précise semble faciliter la participation, puis à vérifier si son intégration reste pertinente.
La recherche sensorielle peut ainsi devenir un point d’appui pour favoriser l’engagement dans une activité, sans transformer la sensation en récompense ni en obligation.

Quand faut-il demander une évaluation plus approfondie ?
Une observation quotidienne apporte des repères utiles, mais elle ne permet pas de poser un diagnostic.
Un avis professionnel complémentaire peut être nécessaire lorsque le comportement :
- apparaît soudainement ;
- augmente fortement ;
- provoque des blessures ;
- expose à des situations dangereuses ;
- perturbe de nombreux moments du quotidien ;
- s’accompagne d’une douleur possible ;
- limite fortement le sommeil, les repas ou les activités ;
- reste difficile à comprendre malgré plusieurs observations ;
- nécessite des adaptations techniques spécifiques.
Dans ces situations, les observations de l’équipe restent précieuses. Elles permettent de décrire les contextes, les sensations recherchées, les réactions et les ajustements déjà essayés.
Comment partager les observations avec l’équipe ?
Une transmission utile doit rester factuelle.
Au lieu d’écrire que la personne recherche sans arrêt des sensations, l’équipe peut préciser :
- le moment d’apparition ;
- le comportement observé ;
- sa durée ;
- le contexte ;
- l’effet apparent ;
- les risques éventuels ;
- la proposition réalisée ;
- la réaction après l’ajustement.
Par exemple, il est plus informatif de noter que la personne pousse fortement ses mains contre la table pendant les dix minutes précédant le repas, puis s’assoit plus facilement, que de conclure qu’elle a besoin de pression.
La première formulation décrit une régularité observable. La seconde reste une hypothèse qui devra être vérifiée.
Au fil du temps, ces informations peuvent contribuer à construire une carte d’identité sensorielle individualisée, partagée avec les professionnels et réévaluée régulièrement.
Somoba propose une formation consacrée à la conception d’un accompagnement multisensoriel adapté à une personne en situation de handicap. Le programme aborde notamment le choix des stimulations, la carte d’identité sensorielle, l’autodétermination, la communication non verbale et les fiches d’observation.
Que faut-il retenir pour comprendre la recherche sensorielle ?
La recherche sensorielle peut prendre de nombreuses formes : mouvement, pression, toucher, lumière, son, vibration, goût ou exploration orale.
Cependant, un comportement visible ne possède pas une signification unique. Il peut soutenir l’exploration, le plaisir, la disponibilité, le repérage corporel ou le passage d’un moment à un autre. Il peut également dépendre de la fatigue, de l’environnement, d’une émotion ou d’une gêne.
Pour accompagner avec justesse, il convient donc de :
- décrire avant d’interpréter ;
- observer le contexte ;
- rechercher l’effet du comportement ;
- préserver les expériences sûres et choisies ;
- proposer des alternatives lorsqu’un risque existe ;
- éviter d’augmenter automatiquement l’intensité ;
- transmettre les régularités à l’équipe ;
- solliciter les professionnels compétents lorsque la situation l’exige.
Ainsi, comprendre la recherche sensorielle ne revient pas à encourager toutes les stimulations ni à supprimer les comportements répétitifs. Il s’agit de découvrir ce que l’expérience permet à la personne de faire, de ressentir ou de mieux traverser.
Où trouver des ressources sur l’accompagnement multisensoriel ?
- Découvrir les projets, réalisations et ressources de Somoba.
- Explorer les solutions proposées pour les espaces Snoezelen et multisensoriels.
- Consulter les parcours professionnels de Somoba Formations.






