Lorsqu’une personne rencontre des difficultés pour exprimer ses besoins, ses émotions ou ses choix, la frustration peut rapidement s’installer. Cette tension peut ensuite apparaître sous différentes formes : cris, opposition, retrait, agitation ou comportements répétitifs.
Pourtant, ces réactions ne traduisent pas forcément une volonté de s’opposer. Bien souvent, elles révèlent simplement une difficulté de communication.
C’est précisément dans ce contexte que la Communication Alternative et Améliorée (CAA) prend tout son sens.
Pourquoi certains comportements apparaissent-ils lorsqu’on ne peut pas communiquer ?
La communication ne consiste pas uniquement à parler. Elle permet aussi de :
- demander ;
- refuser ;
- choisir ;
- comprendre ;
- partager une émotion ;
- obtenir de l’aide.
Lorsqu’une personne ne dispose pas d’un moyen efficace pour transmettre ces informations, elle peut chercher d’autres façons d’être comprise.
Un comportement difficile peut alors devenir un message.
Par exemple :
- un enfant qui jette un objet peut vouloir arrêter une activité ;
- une personne qui crie peut chercher à demander de l’aide ;
- un retrait soudain peut signaler une surcharge sensorielle.
Dans ces situations, le comportement n’est souvent pas le problème principal : il constitue parfois une tentative de communication.
Comment la CAA agit-elle sur la frustration ?
La Communication Alternative et Améliorée regroupe différents outils permettant d’exprimer un message autrement que par la parole.
Parmi eux :
- pictogrammes ;
- tableaux de communication ;
- gestes ;
- supports visuels ;
- dispositifs numériques ;
- synthèse vocale.
L’objectif n’est pas de remplacer le langage oral lorsqu’il peut émerger, mais d’ajouter des moyens d’expression.
Grâce à cela, la personne retrouve progressivement du contrôle sur son environnement.
Elle peut par exemple :
- demander une pause ;
- dire qu’elle n’aime pas ;
- choisir entre plusieurs options ;
- exprimer une douleur ;
- anticiper les changements.
Cette diminution de l’incertitude réduit souvent les situations génératrices de frustration.

Les comportements-problèmes diminuent-ils vraiment grâce à la CAA ?
Dans de nombreuses situations, oui — surtout lorsque le comportement était lié à une difficulté d’expression.
Cependant, il est important de rappeler qu’un comportement a souvent plusieurs causes :
- environnement ;
- fatigue ;
- traitement sensoriel ;
- compréhension des consignes ;
- attentes sociales ;
- anxiété.
La CAA agit donc comme un levier important, mais elle s’intègre généralement dans une approche globale.
L’objectif devient alors de se demander :
« Qu’essaye de communiquer la personne ? »
plutôt que :
« Comment faire disparaître le comportement ? »
Exemples concrets du quotidien
Situation 1 : refus systématique
Avant :
L’enfant pousse les objets et crie.
Après mise en place d’un support visuel :
Il montre « terminé » ou « pause ».
Résultat : moins de conflits et davantage d’autonomie.
Situation 2 : crises pendant les transitions
Avant :
Les changements d’activité provoquent des pleurs.
Après :
Utilisation d’un emploi du temps visuel et d’outils de choix.
Résultat : anticipation et diminution du stress.
Situation 3 : demandes répétitives
Avant :
La personne répète un comportement pour attirer l’attention.
Après :
Elle dispose d’un moyen clair pour demander de l’aide.
Résultat : interaction plus apaisée.
Comment commencer sans surcharger la personne ?
La tentation est parfois d’introduire beaucoup d’outils d’un coup. Pourtant, une progression simple fonctionne souvent mieux.
Quelques principes utiles :
- commencer par les besoins les plus fréquents ;
- modéliser sans exiger ;
- utiliser les supports dans les moments agréables ;
- laisser du temps de réponse ;
- valoriser toute tentative de communication.
La cohérence entre la maison, l’école et les accompagnants favorise également les progrès.

Une communication plus accessible change souvent bien plus que les comportements
Lorsque quelqu’un retrouve un moyen d’être compris, les bénéfices dépassent largement la réduction des crises.
On observe souvent :
- davantage d’autonomie ;
- plus d’initiatives ;
- une meilleure participation sociale ;
- une diminution de la fatigue émotionnelle ;
- une relation plus sereine avec l’entourage.
Finalement, améliorer la communication revient souvent à réduire le besoin de se faire comprendre autrement.
Pour aller plus loin
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